La pêche du calamar la nuit se pratique notamment sur les côtes bretonnes, dans la Manche et sur une grande partie de la façade atlantique. De nombreux pêcheurs habitués au bar ou au lieu souhaitent désormais s’essayer à cette pratique aussi ludique que technique. Face au nombre impressionnant de turluttes (Egi) disponibles, le choix peut toutefois devenir compliqué. Faut-il privilégier une couleur naturelle ou fluorescente ? Une turlutte (Egi) bruiteuse ou silencieuse ? Un modèle très visible ou, au contraire, une imitation discrète ?
Pour constituer une première boîte efficace, il faut avant tout tenir compte de deux facteurs : la clarté de l’eau et la luminosité ambiante. Voici une sélection raisonnée de quatre types de turluttes (Egi) permettant de faire face à la majorité des situations rencontrées lors d’une sortie nocturne.
Eau claire ou eau teintée : le premier critère de sélection
Avant de choisir une couleur, observez votre secteur de pêche.
Dans les eaux claires, comme on en rencontre fréquemment en Bretagne avec plusieurs mètres de visibilité, les calamars peuvent examiner leur proie avec précision. Les coloris naturels, les silhouettes discrètes et les reflets holographiques sont alors particulièrement intéressants. Dans les eaux teintées, chargées en sable ou en sédiments — notamment à proximité des estuaires et sur certains secteurs de la Manche ou de l’Atlantique — la priorité consiste à rendre l’Egi facilement repérable. Les couleurs contrastées et les corps phosphorescents prennent ici tout leur sens. Cette distinction ne répond pas à toutes les situations, mais elle constitue une excellente base pour débuter.
Trouver les calamars actifs
En début de session, l’objectif est de localiser rapidement les calamars en chasse. Une Egi de type Egi-OH Search est particulièrement adaptée à cette phase de prospection. Ce modèle intègre un système de billes, le Search Rattle, qui produit un signal sonore lors des animations.. Ses flancs plats et brillants créent également des éclats lumineux à chaque mouvement. Même si la pêche se pratique de nuit, les céphalopodes disposent d’une excellente perception visuelle et peuvent détecter des signaux lumineux extrêmement faibles.

La taille doit être adaptée à la saison et au gabarit des calamars. En automne et en hiver, les tailles 3 à 3,5 constituent une bonne base de départ, à adapter au gabarit des calamars, à la profondeur et aux conditions rencontrées. Pour les eaux teintées, choisissez une base phosphorescente bleutée, dite « 490 Glow », associée à un dos sombre et à des reflets rouges. Cette silhouette très visible permet à l’Egi d’être plus facilement repérable dans ces conditions. En eau claire, préférez une base bleutée plus naturelle et discrète, complétée par des reflets holographiques argentés. Ceux-ci produisent des reflets lumineux tout en conservant à l’Egi une apparence relativement naturelle.
Cette première Egi sert donc à rechercher les calamars actifs, souvent regroupés et soumis à une forte concurrence alimentaire. Lorsqu’ils sont en chasse, les touches peuvent arriver très rapidement.
Passer sur une Egi stable lorsque les conditions se compliquent
Si les touches diminuent ou si la première prospection ne donne rien, il est temps de passer à une Egi de type Egi-OH K. Cette gamme a été conçue pour conserver une descente stable lorsque des facteurs extérieurs, notamment le vent et les vagues, compliquent la présentation. Cette stabilité est particulièrement importante pendant la descente, une phase durant laquelle de nombreuses attaques peuvent se produire. Les observations réalisées au fil des années montrent qu’une Egi descendant régulièrement, avec une inclinaison comprise entre la verticale et environ 45 degrés, déclenche davantage de touches. À l’inverse, un leurre qui roule, vibre anormalement ou bascule pendant sa chute peut rendre les calamars méfiants.
Ce type d’Egi est particulièrement utile dans plusieurs situations :
- les postes soumis à une forte pression de pêche ;
- les calamars devenus méfiants ;
- les nuits venteuses ou pluvieuses ;
- les secteurs traversés par du courant ;
- les pêches nécessitant des lancers plus longs.
À taille et poids comparables, son principal intérêt reste sa capacité à conserver une descente stable lorsque les conditions se compliquent. Cette distance supplémentaire suffit parfois à atteindre un passage de courant, une transition entre deux substrats ou une zone située derrière celle déjà exploitée par les autres pêcheurs.
Adapter la visibilité de l’Egi à la lumière disponible
Toutes les nuits ne se ressemblent pas. L’absence totale de lune et d’éclairage impose une approche différente de celle employée sous un ciel clair.
Pour les eaux teintées
Lorsqu’il reste un peu de lumière – juste après le crépuscule, avant l’aube ou à proximité d’un éclairage urbain – une base métallique rouge associée à un dos rose ou orange fluorescent constitue une excellente combinaison. Le rouge produit une silhouette contrastée, tandis que le dos vif aide les calamars à repérer la Egi malgré les particules en suspension. Dans une nuit totalement noire, sans lune, sans étoiles et sans éclairage artificiel, une Egi dotée d’un corps Glow devient plus intéressante. Son corps phosphorescent dessine une silhouette facilement détectable à distance. Les motifs de crevette ou de crustacé ajoutent une dimension imitative, mais la couleur de la coque située sous le tissu reste déterminante. C’est principalement elle qui forme la silhouette perçue de loin par le calamar.
Pour les eaux claires
En eau claire, une silhouette trop lumineuse peut éveiller la méfiance des céphalopodes. Une base rouge métallique accompagnée d’un dos sombre et naturel crée un effet de contraste plus subtil : le ventre reste perceptible, tandis que le dos se fond davantage dans l’environnement. Cette présentation en « tu me vois, tu ne me vois plus » est particulièrement efficace sur des calamars méfiants ou fortement sollicités. Lorsqu’ils sont actifs, mais que le vent ou le courant compliquent le contrôle de la descente, une Egi stable à base 490 Glow et aux nuances bleutées peut imiter un petit poisson fourrage comme une sardine ou un chinchard. Elle reste visible de loin tout en conservant une apparence naturelle à courte distance.
Utiliser une Egi silencieuse pour cibler une profondeur précise
Les Egi de type Egi-OH Live constituent le dernier élément essentiel de cette sélection. Contrairement aux modèles de prospection, elles sont silencieuses et possèdent une nage plus ample. Lors des animations en short jerk, l’Egi effectue des écarts latéraux marqués. Le geste consiste à synchroniser plusieurs coups de canne avec une récupération au moulinet, puis à laisser le leurre redescendre. L’un des principaux avantages de cette gamme est sa vitesse de descente connue. Si une Egi descend, par exemple, d’un mètre en 3,5 secondes, un comptage de sept secondes correspond théoriquement à environ deux mètres de descente, hors influence du courant, du vent et de la bannière. Il devient ainsi possible d’explorer méthodiquement différentes couches d’eau.

Cette précision est particulièrement importante pour le calamar, qui ne se tient pas systématiquement près du fond. Les seiches évoluent souvent plus bas, tandis que les calamars peuvent chasser à différentes profondeurs au cours de la nuit.
Glow classique ou 490 Glow ?
Les deux types de phosphorescence ne répondent pas exactement aux mêmes besoins. Le 490 Glow et le Glow classique offrent des signaux lumineux différents. Le 490 Glow émet une lumière bleutée conçue pour être facilement perçue par les céphalopodes. Il permet d’apporter à l’Egi un signal lumineux spécifique autour de 490 nm. Il convient particulièrement bien aux eaux claires ou modérément teintées. Plutôt que de les opposer uniquement selon la clarté de l’eau, adaptez leur utilisation à la luminosité, à la profondeur et aux réactions observées pendant la session. Le glow classique, plus verdâtre, devient très intéressant dans une eau extrêmement chargée. Dans une eau chargée ou sous une très faible luminosité, une phosphorescence marquée apporte un signal visuel de plus grand volume. L’Egi devient alors plus visible dans ces conditions.

Dans une eau très sale et sous une nuit totalement noire, un modèle phosphorescent doté d’un dos orange et d’un ventre rose offre un maximum de contraste et peut constituer un bon point de départ. Il suffit de le charger quelques instants avec une lampe frontale pour conserver sa luminosité pendant plusieurs lancers. À l’opposé, lorsque l’eau est limpide et que la lune ou les étoiles éclairent suffisamment la surface, une imitation réaliste de sardine, de chinchard ou de lançon peut surpasser les coloris fluorescents. Les petites facettes holographiques placées sous le tissu reproduisent alors les éclats des écailles d’un poisson fourrage.
Quel matériel choisir pour pêcher le calamar de nuit ?
Pour débuter, recherchez avant tout un ensemble léger, sensible et suffisamment souple. Il doit permettre de lancer correctement des Egi de taille 3 à 3,5, de contrôler leur descente et d’accompagner les mouvements du calamar sans déchirer ses tentacules.

Une canne longue et progressive
Pour la pêche du bord, privilégiez une canne comprise entre 2,40 et 2,60 mètres. Cette longueur facilite les lancers à distance, permet de mieux contrôler la bannière lorsque le vent se lève et aide à guider l’Egi pendant les animations. Choisissez une puissance moyenne, 10 – 30g, adaptée au poids de vos Egi et des éventuels lests ajoutés. Une canne dont la plage d’utilisation couvre les Egi de taille 2,5 à 3,5 convient à de nombreuses situations du bord. L’action doit rester relativement douce et progressive. Une canne trop raide peut provoquer des décrochages ou déchirer les tentacules au ferrage. Une pointe sensible permet également de mieux percevoir les touches discrètes : légère lourdeur, arrêt inhabituel de la descente ou déplacement latéral de la ligne.
Un moulinet en taille 2500 ou 3000
Une de taille 2500 constitue le choix le plus polyvalent pour un ensemble léger et équilibré. Il offre une capacité suffisante tout en limitant la fatigue pendant les longues sessions. Une taille 3000 peut être intéressante avec certaines cannes longues ou lorsqu’une capacité de ligne supérieure et un équilibrage différent sont recherchés. Elle peut mieux équilibrer certaines cannes longues, tandis que la récupération par tour dépend du ratio et du diamètre de la bobine du moulinet choisi.
Dans les deux cas, privilégiez :
- un moulinet léger ;
- un frein progressif et facile à régler ;
- une récupération fluide ;
- une bobine adaptée à la tresse fine ;
- un ratio intermédiaire, suffisamment rapide pour récupérer la bannière sans accélérer excessivement l’Egi.
Le frein ne doit pas être bloqué. Réglez-le de manière à ce qu’il puisse libérer un peu de fil lors d’une traction importante. Les tentacules du calamar sont fragiles : un frein trop serré augmente fortement le risque de décrochage.
Une tresse fine en PE 0.6 à PE 0.8
La tresse améliore considérablement la perception des animations et des touches. Son quasi absence d’élasticité permet aussi de mieux suivre la descente de l’Egi, y compris à distance. Pour la plupart des pêches nocturnes du bord, une tresse comprise entre PE 0.6 et PE 0.8 est recommandée. Cela correspond approximativement à un diamètre annoncé de 0,12 à 0,16 mm, même si les équivalences varient sensiblement selon les fabricants. La PE 0.6 favorise les lancers et la sensibilité. Elle convient particulièrement aux secteurs dégagés, aux eaux calmes et aux Egi légères. La PE 0.8 offre davantage de réserve de résistance près des rochers ou avec des montages plus lourds, Egi de taille 3,5 lestées, mais son diamètre supérieur peut aussi davantage subir l’influence du vent et du courant.
Une tresse huit brins offre généralement une surface plus lisse et favorise la qualité de glisse. Une quatre brins présente un comportement différent, souvent apprécié sur les postes encombrés, mais les performances réelles dépendent aussi des fibres, du tressage et du revêtement utilisés. Une couleur visible — jaune, orange, rose ou vert fluorescent — aide à suivre la bannière dans l’obscurité. Cette visibilité permet de détecter certaines touches avant même de les ressentir dans la canne.
Un bas de ligne en fluorocarbone
Terminez le montage par un bas de ligne en fluorocarbone de 25 à 30/100. Un diamètre de 25 ou 26/100 convient aux eaux claires et aux zones peu encombrées. Passez à 28 ou 30/100 lorsque le fond est rocheux, que les algues sont nombreuses ou que les calamars recherchés sont plus gros. Une longueur comprise entre 1,50 et 2 mètres représente un bon compromis. Elle éloigne la tresse de l’Egi et protège la partie terminale du montage contre les frottements. Sur un secteur particulièrement rocheux, le bas de ligne peut être légèrement allongé, à condition que le nœud de raccord passe correctement dans les anneaux. Reliez la tresse au fluorocarbone avec un nœud fin et solide, comme le FG, l’Albright ou le Peixet. Le FG est particulièrement discret et traverse très bien les anneaux, mais il demande un peu d’entraînement. Un Albright soigneusement réalisé constitue une solution plus accessible pour débuter.
À l’extrémité, utilisez une petite agrafe légère spécialement conçue pour les Egi. Elle permet de changer rapidement de couleur ou de modèle sans raccourcir continuellement le bas de ligne. Évitez les agrafes trop grosses, qui risquent de modifier l’équilibre et la descente du leurre.
Ajouter un lest lorsque les conditions l’exigent
En présence de vent, de courant ou d’une profondeur importante, un petit lest de tête peut être installé sur l’Egi afin de mieux contrôler sa descente. Un poids de 7 à 10 grammes suffit généralement pour reprendre contact avec le leurre et stabiliser sa descente. Il est préférable de ne pas dépasser 10 grammes, sauf situation particulière. Un lest trop lourd accélère fortement la chute, modifie le comportement de l’Egi et peut réduire le temps de présentation dans la zone recherchée.
La configuration polyvalente pour débuter
Pour une première installation capable de couvrir la majorité des pêches du bord, retenez cette configuration :
- canne de 2,40 à 2,60 mètres, d’action progressive ;
- puissance EGI 2,5 à 3,5, soit environ 10 à 30 grammes ;
- moulinet en taille 2500, ou 3000 pour les conditions plus soutenues ;
- tresse PE 0..6 ou 0.8 selon la typologie des postes ;
- bas de ligne en fluorocarbone de 28/100, long de 1,50 à 2 mètres ;
- petite agrafe spéciale Egi ;
- lest additionnel de 7 à 10 grammes si nécessaire.
Cet ensemble offre un bon équilibre entre distance de lancer, sensibilité et sécurité. Il permet surtout de conserver un contact précis avec l’Egi, élément essentiel pour contrôler sa descente et détecter les touches souvent très discrètes des calamars.
Une stratégie simple pour votre prochaine sortie
Pour pêcher efficacement, commencez par une Egi bruiteuse afin de rechercher les calamars actifs. Si vous n’obtenez aucune réponse, passez sur un modèle plus stable et plus discret. Adaptez ensuite la couleur de la coque à la clarté de l’eau et à la luminosité de la nuit. Enfin, utilisez une Egi silencieuse à nage ample pour explorer précisément les différentes profondeurs.
Soyez observateur
Gardez également l’œil ouvert lorsque vous arrivez sur un nouveau poste. Les taches d’encre visibles sur les quais ou les rochers constituent souvent un excellent indice de fréquentation. Sur les secteurs très connus, attendez-vous néanmoins à rencontrer des calamars sollicités chaque nuit, donc particulièrement attentifs au bruit, à la couleur et à la stabilité des Egi. Avec quatre profils complémentaires — prospection bruiteuse, stabilité, forte visibilité et imitation naturelle — vous disposerez d’une boîte suffisamment polyvalente pour aborder sereinement la majorité des sorties nocturnes.
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La période la plus favorable s’étend généralement de l’automne au cœur de l’hiver, selon les régions.
Une taille 3 à 3,5 convient à la majorité des situations. Adaptez-la à la saison et à la taille des calamars présents.
Utilisez des couleurs fluorescentes ou phosphorescentes en eau teintée, et des coloris naturels en eau claire.
Oui. Quelques secondes sous une lampe frontale suffisent généralement à activer sa phosphorescence.
Recherchez-les dans les ports, sur les digues, près des pointes rocheuses et autour des zones éclairées.
Un moulinet de taille 2500 constitue une base polyvalente. Une taille 3000 peut être intéressante pour équilibrer certaines cannes longues ou disposer d’une capacité de ligne différente.
Une tresse PE 0.6 à PE 0.8 offre un bon équilibre entre finesse, sensibilité et résistance.
Utilisez environ 1,50 à 2 mètres de fluorocarbone en 25 à 30/100.
La touche peut prendre la forme d’une lourdeur, d’un arrêt de la descente ou d’un déplacement inhabituel de la ligne.
Non. Effectuez une traction progressive et maintenez la ligne tendue pour éviter de déchirer les tentacules.

















