Lorsque l’on débute la pêche à la mouche, on s’intéresse souvent en priorité à la canne ou au moulinet. Pourtant, c’est bien la soie qui transmet toute l’énergie du lancer. C’est elle qui permet de propulser la mouche, de contrôler la dérive et d’assurer une présentation naturelle. C’est également l’un des éléments qui influence le plus le plaisir de pêche. Une soie adaptée facilite les lancers, améliore la précision et limite les efforts. À l’inverse, un mauvais choix peut rapidement devenir frustrant, même pour un pêcheur expérimenté. Aujourd’hui, les fabricants proposent une multitude de profils, de densités et de revêtements. Cette offre est une véritable chance, mais elle peut aussi rendre le choix plus complexe. L’objectif de ce guide est de vous aider à comprendre comment fonctionne une soie moderne pour pêcher à la mouche afin de choisir celle qui correspond réellement à votre pratique.
La soie : le véritable moteur de votre lancer
Pourquoi la soie est-elle si importante ?
Contrairement aux autres techniques de pêche, la pêche à la mouche ne projette pas directement le leurre ou l’appât. Une mouche artificielle est beaucoup trop légère pour être lancée seule. C’est donc la masse de la soie qui charge progressivement la canne et restitue l’énergie nécessaire au lancer. On pourrait comparer la soie au moteur d’une voiture. La canne représente le châssis, le moulinet assure le stockage de la ligne, mais c’est la soie qui met l’ensemble en mouvement. Sa forme, son poids et sa répartition de masse déterminent notamment :
- la facilité de lancer ;
- la distance atteinte ;
- la précision ;
- la délicatesse des posés ;
- la vitesse de chargement de la canne ;
- le contrôle de la dérive.
Chaque profil possède ses propres caractéristiques. Une soie conçue pour lancer de gros streamers ne se comportera jamais comme une soie destinée à déposer une petite mouche sèche sur une rivière calme. Il n’existe donc pas une meilleure soie, mais une soie adaptée à chaque utilisation.

Toutes les soies de même numéro ne se ressemblent pas
C’est une idée reçue très répandue. Deux soies classées en #5 peuvent offrir des sensations totalement différentes. Pourquoi ? Parce que le numéro indique uniquement le poids des premiers mètres de la soie, selon la norme AFTMA. En revanche, il ne donne aucune indication sur :
- la forme du fuseau ;
- la longueur du ventre ;
- la répartition des masses ;
- le revêtement ;
- la rigidité ;
- la glisse.
Prenons un exemple concret. Vous utilisez une canne de #5 pour pêcher la truite en rivière. Une première soie possède un fuseau très court et concentre rapidement son poids à l’avant. Dès quelques mètres de ligne sortis, votre canne charge facilement. Les lancers sont intuitifs et permettent de propulser sans difficulté des indicateurs, des nymphes ou de petits streamers. Une seconde soie, toujours classée #5, présente un fuseau beaucoup plus long et progressif. Cette fois, la canne demandera davantage de ligne hors du moulinet avant de se charger pleinement. En contrepartie, les présentations gagneront en finesse et en discrétion. Sur le papier, ces deux soies portent exactement le même numéro. Au bord de l’eau, leur comportement est pourtant complètement différent. C’est précisément pour cette raison qu’il est essentiel de ne pas choisir une soie uniquement en fonction de son numéro.
Avant de choisir une soie pour pêcher à la mouche, posez-vous les bonnes questions
Face au large choix proposé aujourd’hui, il est tentant de comparer les caractéristiques techniques : fuseau, densité, revêtement, longueur de tête… Pourtant, le meilleur point de départ est beaucoup plus simple. Commencez par réfléchir à votre manière de pêcher. Pêchez-vous principalement de petites rivières encombrées où les lancers dépassent rarement quinze mètres ? Recherchez-vous au contraire de longues distances en réservoir ou sur de grandes rivières ? Utilisez-vous essentiellement des mouches sèches, des nymphes ou des streamers ? Les réponses à ces questions orienteront naturellement votre choix.
Une soie performante pour pêcher à la mouche n’est pas celle qui possède la fiche technique la plus impressionnante, mais celle qui correspond le mieux à vos besoins. Dans bien des cas, un modèle polyvalent sera plus judicieux qu’une soie très spécialisée. Avant de regarder les catalogues, prenez donc quelques minutes pour définir votre pratique. Vous éviterez ainsi un achat inadapté et profiterez pleinement des qualités de votre matériel.

Comprendre les soies: la base pour pêcher à la mouche
C’est quoi la norme AFTMA ?
Avant de s’intéresser aux différents profils de soies, il est important de comprendre ce que signifie réellement le numéro inscrit sur la boîte. Que votre soie soit une #3, une #5 ou une #8, cette indication ne correspond ni à son diamètre, ni à sa longueur. Elle fait référence à une norme internationale appelée AFTMA (American Fishing Tackle Manufacturers Association). Cette norme a été créée pour permettre aux pêcheurs d’associer facilement une canne et une soie compatibles. Concrètement, elle définit le poids des 30 premiers pieds de soie, soit environ 9,14 mètres, hors pointe avant. Plus ce poids est important, plus la soie est capable de charger une canne puissante. En théorie, une canne #5 est donc conçue pour fonctionner avec une soie #5. Cette normalisation a considérablement simplifié le choix du matériel, mais elle ne raconte pas toute l’histoire.
| N° | Poids théorique | Marge de tolérance | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 30 premiers pieds (9,14 m) | Plus léger | Plus lourd | En % | |||||
| Grains | Grammes | Grains | Grammes | Grains | Grammes | % en moins | % en plus | |
| 1 | 60 | 3,90 | 54 | 3,51 | 60 | 3,90 | -10,0 | 0,0 |
| 2 | 80 | 5,20 | 74 | 4,81 | 86 | 5,59 | -7,5 | 7,5 |
| 3 | 100 | 6,50 | 94 | 6,11 | 106 | 6,89 | -6,0 | 6,0 |
| 4 | 120 | 7,80 | 114 | 7,41 | 126 | 8,19 | -5,0 | 5,0 |
| 5 | 140 | 9,10 | 134 | 8,71 | 146 | 9,49 | -4,3 | 4,3 |
| 6 | 160 | 10,40 | 152 | 9,88 | 168 | 10,92 | -5,0 | 5,0 |
| 7 | 185 | 12,03 | 177 | 11,51 | 193 | 12,55 | -4,3 | 4,3 |
| 8 | 210 | 13,65 | 202 | 13,13 | 218 | 14,17 | -3,8 | 3,8 |
| 9 | 240 | 15,60 | 230 | 14,95 | 250 | 16,25 | -4,2 | 4,2 |
| 10 | 280 | 18,20 | 270 | 17,55 | 290 | 18,85 | -3,6 | 3,6 |
| 11 | 330 | 21,45 | 318 | 20,67 | 342 | 22,23 | -3,6 | 3,6 |
| 12 | 380 | 24,70 | 368 | 23,92 | 392 | 25,48 | -3,2 | 3,2 |
Peut-on utiliser une soie plus lourde ou plus légère ?
C’est une question qui revient très souvent. La réponse est oui… mais pas dans toutes les situations. Certains pêcheurs choisissent volontairement une soie d’un numéro supérieur afin de charger plus rapidement leur canne. Cette pratique est particulièrement intéressante lorsque les distances de lancer sont courtes ou lorsque l’on utilise des mouches volumineuses. Prenons un exemple. Vous possédez une canne de #5 destinée à la pêche de la truite en rivière. En l’équipant d’une soie #6, la canne se chargera plus facilement avec peu de ligne sortie. Les lancers à courte distance demanderont moins d’efforts et seront souvent plus intuitifs. À l’inverse, une soie plus légère pourra apporter davantage de finesse, mais elle exigera généralement une meilleure technique pour charger correctement la canne. Il ne s’agit donc pas d’une règle universelle. Tout dépend de votre matériel, de votre pratique et des sensations que vous recherchez.
Toutes les soies #5 ne lancent pas de la même façon
Nous avons vu que deux soies pour pêcher à la mouche de même numéro pouvaient offrir des sensations très différentes. La raison se trouve dans leur profil, également appelé taper. Le taper correspond à la manière dont le poids est réparti tout au long de la soie. Certaines concentrent rapidement leur masse vers l’avant afin de faciliter le chargement de la canne. D’autres répartissent progressivement leur poids pour favoriser les présentations délicates et un meilleur contrôle de la ligne. C’est ce profil qui influence directement la façon dont une soie se comporte dans les airs. Deux modèles affichant exactement le même numéro AFTMA peuvent ainsi donner l’impression de lancer avec deux ensembles totalement différents. Comprendre les principaux profils est donc une étape essentielle pour choisir une soie adaptée à sa façon de pêcher.
La soie Weight Forward (WF)
La Weight Forward, souvent abrégée WF, est aujourd’hui le profil le plus répandu. Son principe est simple : une grande partie du poids est concentrée vers l’avant de la ligne, tandis que la partie arrière est beaucoup plus fine. Cette conception facilite le chargement de la canne et permet d’obtenir rapidement de bonnes distances de lancer. C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles la majorité des pêcheurs débutent avec une soie WF. Très polyvalente, elle convient aussi bien à la pêche en sèche qu’à la nymphe sous indicateur, au streamer ou à la pêche en réservoir. Aujourd’hui, la plupart des soies modernes utilisent ce principe tout en faisant varier la longueur du fuseau et la répartition des masses selon l’utilisation recherchée. Pour la majorité des pêcheurs, il s’agit du meilleur choix pour débuter comme pour progresser.

La soie Double Taper (DT)
Avant l’arrivée des profils modernes, la Double Taper, ou DT, équipait la majorité des ensembles de pêche à la mouche. Son profil est parfaitement symétrique. Les deux extrémités présentent le même fuseau, tandis que le ventre central conserve un diamètre constant. Cette construction favorise des présentations extrêmement douces et un excellent contrôle de la ligne. En revanche, elle demande généralement davantage de technique pour atteindre de longues distances. Aujourd’hui encore, de nombreux pêcheurs de truite apprécient la DT sur les petites et moyennes rivières, notamment lorsqu’ils recherchent une grande précision en pêche en sèche. Autre avantage intéressant : lorsque l’une des extrémités commence à s’user, il suffit souvent de retourner la soie pour profiter d’une seconde vie.

Soie Weight Forward ou Double Taper : lequel choisir ?
Il n’existe pas de meilleur profil. La bonne question est plutôt : dans quelles conditions allez-vous utiliser votre soie pour pêcher à la mouche? Si vous recherchez une solution polyvalente capable de lancer facilement différents types de mouches, la WF sera généralement le meilleur choix. En revanche, si votre priorité est la précision à courte distance et la discrétion des présentations, notamment en pêche en sèche, une DT pourra offrir un véritable confort. Dans la pratique, une très grande majorité des pêcheurs utilisent aujourd’hui une soie WF. Les profils DT conservent néanmoins tout leur intérêt dans certaines situations bien spécifiques.
Les profils modernes : bien plus qu’une simple WF
Pendant longtemps, le choix se limitait essentiellement aux profils WF et DT. Aujourd’hui, les fabricants ont développé des dizaines de variantes afin de répondre à des besoins très précis. Vous croiserez ainsi des appellations comme Triangle Taper, Long Belly, Mid Belly, Short Belly, Compact, Rocket Taper ou encore Infinity Taper. Ces noms peuvent sembler complexes, mais ils reposent tous sur une même idée : modifier la longueur du fuseau et la répartition des masses pour adapter la soie à une utilisation particulière. Dans le prochain chapitre, nous allons justement découvrir comment est construite une soie moderne et pourquoi la longueur de son fuseau influence autant la facilité de lancer, la précision et la distance.
Ce qu’il faut retenir
Le numéro AFTMA indique le poids des 9,14 premiers mètres de soie, hors pointe avant. Il permet d’associer une soie à une canne, mais il ne suffit pas à prévoir son comportement. Une soie plus lourde charge rapidement la canne et facilite les lancers courts ou les mouches volumineuses. Une soie plus légère apporte davantage de finesse, mais demande plus de technique. Le profil, ou taper, détermine ensuite la répartition du poids. Une soie Weight Forward concentre sa masse vers l’avant, ce qui favorise la polyvalence, la distance et la facilité de lancer. Une Double Taper privilégie plutôt la précision et les posés délicats à courte distance. Les profils modernes déclinent ces principes en modifiant la longueur des fuseaux et du ventre afin de répondre à des usages précis.
Les différents profils de soies pour pêcher à la mouche
Comprendre la construction d’une soie
Nous avons vu qu’une soie pour ne se résume pas à son numéro AFTMA. Son comportement dépend également de la façon dont son poids est réparti. Pour bien choisir une soie, il est donc utile de comprendre comment elle est construite. Même si les profils varient selon les fabricants, on retrouve toujours les mêmes grandes parties :
- le fuseau avant ;
- le belly (ou ventre) ;
- le fuseau arrière ;
- le running line.
Chacune de ces zones joue un rôle précis dans le lancer. Une fois leur fonctionnement compris, il devient beaucoup plus facile de choisir une soie adaptée à sa pratique.
Le fuseau avant de la soie
Le fuseau avant est la partie située juste avant la pointe de la soie. C’est lui qui transmet progressivement l’énergie jusqu’au bas de ligne. Sa longueur influence directement la manière dont la mouche se pose sur l’eau. Un fuseau avant long dissipe l’énergie plus progressivement. Les posés sont plus délicats, ce qui constitue un véritable avantage en pêche en sèche lorsque les poissons sont méfiants. À l’inverse, un fuseau plus court transmet davantage d’énergie jusqu’à la mouche. Les lancers sont plus puissants et permettent de retourner plus facilement un long bas de ligne, une grosse nymphe ou un streamer volumineux. Il n’existe donc pas de meilleure solution. Tout dépend de ce que vous souhaitez lancer.
Le belly ou le ventre de la soie
Le belly, également appelé ventre de la soie, constitue la partie la plus lourde. C’est lui qui stocke la majorité de l’énergie pendant le lancer. Sa longueur influence fortement le comportement de la soie. Un belly long procure une excellente stabilité dans les airs. Les boucles sont régulières et le contrôle de la ligne est remarquable, notamment à moyenne et longue distance. En revanche, il demande davantage de technique et nécessite généralement plus de ligne sortie pour charger correctement la canne. À l’opposé, un belly court charge rapidement la canne. Il facilite les lancers dans les espaces réduits et convient parfaitement aux pêcheurs qui recherchent avant tout de la simplicité.
Le fuseau arrière
Le fuseau arrière relie progressivement le belly au running line. On parle peu de cette partie de la soie, pourtant elle joue un rôle essentiel. Un fuseau arrière long permet de conserver un excellent contrôle pendant les faux lancers. La transition entre la tête et le running line est progressive, ce qui améliore la stabilité des boucles. À l’inverse, un fuseau arrière plus court favorise un chargement rapide et facilite les lancers puissants. C’est un choix que l’on retrouve fréquemment sur les soies destinées au brochet, au réservoir ou à la pêche en mer.
Le running line
Le running line est la partie la plus fine de la soie. Son rôle est simple : permettre à la tête de lancer de filer facilement dans les anneaux. Plus il est fin, plus les distances peuvent être importantes.En revanche, un running line très fin est parfois moins agréable à manipuler et peut être plus sensible au vent ou aux emmêlements. Les fabricants recherchent donc un équilibre entre glisse, confort d’utilisation et facilité de contrôle.
Ce qu’il faut retenir sur les différentes profils de soie
Une soie pour pêcher à la mouche ne se définit pas uniquement par son numéro AFTMA : son comportement dépend surtout de la répartition de son poids. Le fuseau avant transmet l’énergie jusqu’au bas de ligne. Lorsqu’il est long, il favorise les posés délicats ; lorsqu’il est court, il facilite le lancer de mouches volumineuses. Le belly, ou ventre, concentre l’essentiel du poids. Un belly long améliore la stabilité et le contrôle, tandis qu’un belly court charge rapidement la canne. Le fuseau arrière assure la transition avec le running line. Plus il est long, plus les faux lancers restent stables et précis. Enfin, le running line, plus fin, permet à la tête de soie de filer dans les anneaux. Son diamètre influence la distance, la glisse, le confort de manipulation et le risque d’emmêlement.

Les soies spécifiques pour pêcher à la mouche
Depuis quelques années, de nombreuses marques proposent des profils très compacts. Le principe est simple. Concentrer encore davantage la masse sur une tête relativement courte afin de charger instantanément la canne. Ces soies sont particulièrement efficaces lorsqu’il faut lancer rapidement ou propulser des mouches offrant une forte résistance à l’air. On les retrouve très souvent pour :
- la pêche du brochet ;
- les gros streamers ;
- la pêche en mer ;
- certaines pêches en réservoir.
Elles sont moins adaptées aux présentations très fines, mais leur efficacité est redoutable dans les situations où la puissance prime sur la discrétion.
Les têtes de lancer
Lorsque les distances augmentent ou que les mouches deviennent très volumineuses, certaines techniques utilisent non plus une soie classique, mais une tête de lancer. Cette tête, plus courte et plus lourde, est raccordée à un running line. L’objectif est de charger rapidement la canne tout en conservant une excellente capacité de lancer. Ces systèmes sont très répandus en pêche du saumon, de la truite de mer ou du brochet, mais aussi sur les cannes à deux mains.
Les têtes Scandi
Les têtes Scandi sont utilisées pour la pêche à la mouche avec des cannes à deux mains ou Spey et privilégient la finesse. Leur profil relativement progressif permet de réaliser des présentations élégantes tout en conservant une bonne distance de lancer. Elles sont particulièrement appréciées pour la pêche du saumon à la mouche avec des mouches légères ou de taille moyenne.
Les têtes Skagit
Également destinées à la pêche en Spey, les têtes Skagit poursuivent un objectif totalement différent. Très courtes et particulièrement lourdes, elles sont conçues pour lancer facilement :
- de gros streamers ;
- des tubes flies ;
- des pointes plongeantes ;
- des montages très lestés.
Elles excellent lorsque les conditions deviennent difficiles ou que l’espace de lancer est limité. Les têtes Spey Sandi ou Skagit sont spécialement développées pour les cannes à deux mains. Leur conception facilite les lancers roulés et les différents lancers Spey, sans nécessiter un grand espace derrière le pêcheur. Elles permettent de couvrir efficacement de larges rivières tout en limitant les faux lancers.

Ce qu’il faut retenir sur les soies spécifiques
Le comportement d’une soie dépend avant tout de la façon dont son poids est réparti. La longueur du fuseau, du belly et de la tête de lancer influence directement la facilité de chargement de la canne, la précision des présentations et la distance de lancer. Comprendre ces différences permet de choisir une soie en fonction de sa pratique, plutôt que de se fier uniquement au nom du modèle ou à son numéro AFTMA. Le comportement d’une soie dépend avant tout de la façon dont son poids est réparti. La longueur du fuseau, du belly et de la tête de lancer influence directement la facilité de chargement de la canne, la précision des présentations et la distance de lancer. Comprendre ces différences permet de choisir une soie en fonction de sa pratique, plutôt que de se fier uniquement au nom du modèle ou à son numéro AFTMA.
Comprendre la densité de la soie pour pêcher à la mouche
Choisir la bonne densité de soie
Le profil d’une soie influence sa façon de lancer. Sa densité, quant à elle, détermine la profondeur à laquelle votre mouche évoluera. C’est un point essentiel. Une excellente soie utilisée à la mauvaise profondeur vous fera souvent passer à côté des poissons. Aujourd’hui, les fabricants proposent plusieurs densités afin de s’adapter à toutes les situations de pêche. Avant de faire votre choix, demandez-vous simplement où évoluent les poissons que vous recherchez. Sont-ils en surface ? Entre deux eaux ? Ou collés au fond ? La réponse orientera naturellement votre choix.
La soie flottante (Floating)
La soie flottante est de loin la plus utilisée. Comme son nom l’indique, elle reste à la surface de l’eau. C’est la référence pour la majorité des techniques pratiquées en rivière. Elle permet de contrôler facilement la dérive, de réaliser des mendings précis et de suivre parfaitement la trajectoire de la mouche. C’est également la soie la plus polyvalente. Elle convient parfaitement pour :
- la pêche en mouche sèche ;
- la nymphe au fil avec un bas de ligne adapté ;
- la nymphe sous indicateur ;
- les petits streamers peu lestés ;
- une grande partie des pêches en rivière.
Pour un premier équipement, une soie flottante de qualité constitue généralement le meilleur investissement.
Les soies flottantes WF
Les soies flottantes DT
La soie Hover
Encore peu connue il y a quelques années, la densité Hover trouve aujourd’hui de plus en plus d’adeptes. Elle ne flotte pas complètement, mais ne coule pas franchement non plus. Elle évolue juste sous la surface. Cette caractéristique permet de limiter les effets du vent, tout en conservant un excellent contrôle de la ligne. Elle est particulièrement appréciée en réservoir ou en lac lorsque les poissons se nourrissent dans les premiers décimètres d’eau.
La soie intermédiaire (Intermediate)
La soie intermédiaire descend lentement sous la surface. Sa vitesse de plongée reste faible, ce qui lui permet de prospecter efficacement les couches d’eau situées entre la surface et le fond. Elle est souvent utilisée :
- en réservoir ;
- en mer ;
- pour la pêche du brochet ;
- avec des streamers.
Elle présente également un avantage appréciable lorsqu’il y a du vent. En restant sous la surface, elle subit moins les effets des vagues et permet un meilleur contact avec la mouche.
Les soies intermédiaires WF
Les soies plongeantes (Sinking)
Lorsque les poissons évoluent profondément, une soie flottante atteint rapidement ses limites. C’est dans ces situations qu’interviennent les soies plongeantes. Selon leur densité, elles descendent plus ou moins rapidement. On retrouve généralement plusieurs vitesses de plongée :
- Sink 1
- Sink 2
- Sink 3
- Etc.
Les soies plongeantes WF
Plus le chiffre est élevé, plus la soie s’enfonce rapidement. Le choix dépendra principalement de la profondeur recherchée, du courant et de la vitesse à laquelle vous souhaitez présenter votre mouche.
Les soies Sink Tip
Les soies de type Sink Tip combinent deux à trois densités. La partie arrière reste flottante et intermédiaire, tandis que seule la pointe est plongeante. Cette conception permet de conserver un bon contrôle de la ligne tout en faisant évoluer la mouche plus profondément. Elles sont particulièrement appréciées :
- pour la pêche au streamer ;
- sur les grandes rivières ;
- en pêche du saumon ;
- en pêche de la truite de mer.
Elles constituent souvent un excellent compromis entre contrôle et profondeur.
Ce qu’il faut retenir sur la densité des soies
Le choix de la densité est avant tout une question de profondeur de pêche. Une flottante conviendra à la majorité des situations rencontrées en rivière ou des pêches de carnassiers en surface. Les intermédiaires et les plongeantes prendront ensuite le relais lorsque les poissons évolueront plus profondément ou que les conditions de pêche l’exigeront. En associant la bonne densité au bon profil, vous profiterez pleinement des qualités de votre matériel et gagnerez rapidement en efficacité.
Comment choisir une soie pour pêcher à la mouche ? Guide complet
En lisant cet article, vous avez certainement compris qu’une soie ne se choisit pas uniquement en fonction de son numéro ou de la marque inscrite sur la boîte. Son profil, sa densité, la longueur de son fuseau ou encore sa conception influencent directement vos sensations au lancer, la qualité de vos présentations et, au final, votre efficacité au bord de l’eau. Il n’existe pas de « meilleure soie » dans l’absolu. Il existe avant tout une soie adaptée à votre pratique, à vos parcours et aux poissons que vous recherchez. Une bonne adéquation entre votre canne, votre soie et votre technique de pêche vous apportera souvent bien plus qu’un simple changement de matériel. Si vous voulez un peu d’aide pour choisir une canne, voici un article pour vous : Comment choisir votre canne à mouche.
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FAQ: Choisir sa soie pour pêcher à la mouche
Commencez par définir votre technique, les mouches utilisées et les distances habituelles. Tenez également compte de la profondeur recherchée. Une soie polyvalente convient généralement aux débutants. Les profils spécialisés répondent plutôt à des besoins précis, comme le streamer, le réservoir, la pêche du brochet ou la mer.
Le numéro AFTMA correspond au poids des 9,14 premiers mètres de soie, hors pointe avant. Il permet d’associer une soie à une canne de puissance équivalente. Ainsi, une canne #5 fonctionne généralement avec une soie #5. Toutefois, ce numéro n’indique ni le profil, ni la densité de la soie.
Oui, une soie d’un numéro supérieur charge plus rapidement la canne. Cette association facilite les lancers courts et la propulsion de mouches volumineuses. Par exemple, une soie #6 peut équiper une canne #5. Cependant, le résultat dépend de l’action de la canne et des sensations recherchées.
Le numéro AFTMA indique uniquement le poids d’une partie de la soie. Il ne précise pas la longueur du fuseau, la rigidité ou la répartition des masses. Deux soies #5 peuvent donc charger la canne différemment. Leur précision, leur distance de lancer et la délicatesse des posés peuvent aussi varier.
Une soie Weight Forward concentre davantage de poids vers l’avant. Elle charge facilement la canne et favorise les lancers à distance. Une Double Taper possède un profil symétrique. Elle offre des posés plus délicats et un excellent contrôle à courte distance. Le choix dépend donc de votre pratique.
Une soie flottante Weight Forward constitue généralement le choix le plus polyvalent. Elle facilite le chargement de la canne et convient à de nombreuses techniques. Vous pourrez l’utiliser en sèche, sous indicateur ou avec de petits streamers. Choisissez un numéro correspondant à celui indiqué sur votre canne.
La densité doit correspondre à la profondeur où évoluent les poissons. Une soie flottante travaille en surface. Une soie Hover évolue juste sous la pellicule. Une intermédiaire descend lentement entre deux eaux. Enfin, une soie plongeante permet d’atteindre plus rapidement les couches profondes.
Une soie intermédiaire est adaptée aux poissons évoluant sous la surface. Elle convient particulièrement au réservoir, à la mer et à la pêche du brochet. Elle améliore aussi le contact avec le streamer. Comme elle reste sous les vagues, elle subit moins les effets du vent qu’une soie flottante.
Une soie Sink Tip possède une partie arrière flottante et une pointe plongeante. Cette construction permet de faire descendre la mouche tout en conservant un bon contrôle de la ligne. Elle convient aux streamers, aux grandes rivières et à la pêche du saumon. Elle offre un bon compromis entre profondeur et maîtrise.
Un profil compact concentre beaucoup de poids sur une tête courte. Il charge rapidement la canne et retourne facilement les mouches volumineuses. Ce type de soie convient au brochet, à la mer et à certaines pêches en réservoir. Il privilégie la puissance, mais offre généralement moins de délicatesse au posé.


































